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musique

Autopsie d'un peureux

Lancé en février 2017, c’est le plus robuste et le plus doux à la fois. Comme s’il fallait être prêt à mordre pour pouvoir se faire des minouches en paix.

Paroles : Cédric Vieno, Pierre Guitard, Pascal Lejeune
Musique : Cédric Vieno, Pierre Guitard

Toi t’étais la souris et moi le condor
on a rempli nos char su’a même pompe à gaz
t’as aimé c’qui sifflait d’mes plombages en or
on prenait la même route, t’as brûlé ton char

On s’est aimé longtemps après les montagnes
le compteur a tourné les jours ont flashés
j’t’ai aimé, j’t’ai crié, j’ai ri comme une hyène
j’t’ai mordu, j’t’ai tué

Et là je cours après ce qu’il reste de nous
et pour sauver
ce qu’il reste de toi
dans ton beau chandail de loup

Au début des petits vols aux petits matins
de quoi nous arranger pou’ s’rendre aux États
pour se donner d’la corde on jouait les malins
fait qu’on a décidés pour un Beretta

C’est là qu’on a spotté dans l’Nord Dakota
un shack abandonné une banque à côté
la nuit à s’enliser dans les plans vodka, au matin
j’ai tiré, y’a tiré

Et là je cours après ce qu’il reste de nous
et pour sauver
ce qu’il reste de toi
dans ton beau chandail de loup

et là les gyrophares flash dans le miroir
tu saignes comme l’huile qui coule dans l’entonnoir
y reste encore deux balles dans l’Beretta
une pour toi, une pour moi

Paroles et musique : Cédric Vieno

Mal installé dans l’fond du rang
c’t’un charpentier qu’habitait là
quarante pieds carrés

depuis trop longtemps
y’habitait d’un shack à poison

À toute les premiers du mois
avec le chèque arrivaient les vautours
qui lui jouaient des tours
parti sur la brosse
y tipait tout ce qu’il y avait dans les poches

La brosse c’était surtout son amante
la connaissait depuis sa tendre enfance
quand y’allait bûcher
avec les plus vieux
qui le saoulais parce qu’y’était trop morveux

Shack à boire, shack à vices
Veux-tu ben m’dire comment c’qu'on sort d’icitte?
Shack à boire, shack à vices
shack à boire, à chacun son alcoolique

Si par hasard on l’trouvait d’une l’église
c’tait pas pour aller se faire pardonner
checkait la charpente
admirait l’hôtel
une piasse dans la quête and off he goes

Y’a certain jour ou y’était bin correct
père de famille d’une grosse trolée d’filles
motché patriote, motché intello
mais c’est pas là qui s’trouve le bobo

Aussi brillant qu’y’était baveux
arrange-toi pas pour le croiser trop tard
à la sortie des bars
y pognait l’plus gros
pis y’en donnait autant qu’y’en mangeait

Shack à boire, shack à vices
Veux-tu ben m’dire comment c’qu'on sort d’icitte?
Shack à boire, shack à vices
shack à boire, à chacun son alcoolique

Paroles et musique : Cédric Vieno

Moi j’dors sur mes deux oreilles
Moi j’dors mais réveille moi pas

Avant les pipelines c’tait les highways
Avant les highways c’tait les chemins d’fer
Avant les chemin d’fer c’tait la rivière
Pis check le gros mess qu’on a creusé

Si j’tends l’oreille, j’entends tout
J’entends les coups qui s’échangent
Dérange pas trop mon sommeil
Qu’est-ce tu m’as fait ma belle pour que j’dors si bien dans ton lit?

Moi j’dors, moi j’dors au gaz
Moi j’dors sur la place publique

Pendant que dehors le monde s’enfarge
à trouver un consensus
sur qui va tenir la pelle
pour vider tout c’qui reste

Si j’tends l’oreille, j’entends tout
J’entends les coups qui s’échangent
Dérange pas trop mon sommeil
Qu’est-ce tu m’as fait ma belle pour que j’dors si bien dans ton lit?

Moi j’dors, j’dors comme une bûche
Moi j’dors comme un bébé

Avant l’appel d’offres, on négocie
C’t’à qui l’tour d’recevoir des cadeaux
Des gros lolos pis du champagne dans l’haleine
S’tu m’grattes le dos, moi j’te flatte la bedaine

Si j’tends l’oreille, j’entends tout
J’entends les coups qui s’échangent
Dérange pas trop mon sommeil
Qu’est-ce tu m’as fait ma belle pour que j’dors si bien dans ton lit?

Paroles : Cédric Vieno
Musique : Cédric Vieno, Francis G. Veillette

Toi qui dors encore
Moi qui m’éveille
J’avale le motton
Et le moteur démarre sans elle
Je traînerai sur mon dos ses deux ailes
Et tous ses souvenirs avec elle

On joue souvent à faire le mort
Face à l’amour aurore

On en devient le pied pesant
Quand y’a le coeur qui dort

J’t’aime but i gotta go

Parole et musique : Cédric Vieno

J’suis parti trop vite

Pas de bye-bye à personne
Même pas fini mon verre

C’est vrai pour cette fois-ci
Pis toutes les autres aussi
J’pars toujours comme un voleur

Pas que j’m’ennuyais
ou que ça m’déchire pas des fois
J’habite quatre villes en même temps

C’est peut-être la peur de rester pris
J’veux pas que mon sang caille dans mes veines
J’ai toujours peur de manquer quelque chose
Mais j’pars toujours avant la fin

Mais y’a des bons côtés à ça
Ça veut dire que j’arrive souvent
Avec le reste de la bouteille
des 800 kilomètres d’avant

J’pas meilleur pour revenir non plus
Je l’annonce sans préavis
J’te texterai dans ta cours, au pire
J’attendrai ton retour

C’est peut-être la peur de rester pris
J’veux pas que mon sang caille dans mes veines
J’ai toujours peur de manquer quelque chose
Mais j’pars toujours avant la fin

Paroles et musique : Cédric Vieno

Marie Katherine
Marie Katherine
T’as la face ronde

Marie Katherine
Marie Katherine
Tu m’attires autant qu’tu m’fait peur

C’est dans tes yeux, ça brille comme trop
C’est pas normal, non.

Marie-Katherine
Marie-Katherine
T’as les jambes longues

Marie Katherine
Marie Katherine
Je sais qu’il t’arrive de traverser les murs

C’est dans tes yeux, c’est comme trop clair
C’est pas normal, non…

Marie Katherine
Marie Katherine
T’as les mains grandes

Marie Katherine
Marie Katherine

L’univers commence au bout de tes ongles

C’est dans tes yeux, on voit trop loin
C’est pas normal, non…
Marie Katherine
Marie Katherine
t’as le ventre rond

qu’est-ce que t’as fait
Marie-Katherine
pour avoir le droit d’jouer au fantôme

C’est dans tes yeux, ça cri trop fort
C’est pas normal, non…

Mmmm
Mmmm
Mmmm
Mmmm

Paroles et musique : Cédric Vieno

Habille-toi sobre
Souris pas sur la photo
T’inquiète pas y va sortir ton numéro

Soit pragmatique
pose pas de question
Icitte y faut travailler en équipe

Attends ton tour
Sors pas du rang
Sinon tu perds ta place mon grand

Aime ton voisin
prend-lui la main,
mais surtout lui adresse pas la parole

On raconte que là-haut, les lundis sont dédié à danse à gogo
Et que dans les champs poussent des pogos
Et que les femmes se battent pour ton numéro

Parle pas trop fort
Fait pas trop d’vague

On pourrait croire que t’en sais trop

Va pas trop loin
Va pas d’l’autre bord

En tout cas, moi j’irais pas là

Fait pas un son
Fait pas un bruit
Attend ton tour fais-toi tout petit

Met toi en boule, fais-toi de plomb

Et glisse-toi dans la bouche de mon canon

On raconte que là-haut, les soeurs séduisent les cardinaux
Et que les rivières coulent en Jello
Et que les femmes, sans exception, te trouvent beau

Vends ta maison
Vends ton bateau
Met toute ça propre fait moi confiance

T’as des amis dans le pétrin
T’inquiètes pas j’ai des amis dans le pétrole

On raconte que là-bas, y’a des adultes qui jouent encore aux Tonka
Et que les boss vont becquer bobo
Et que les femmes se pigent comme des numéros
Et que les femmes se gagnent à la loto

Paroles et musique : Cédric Vieno

Entre ton menton
et puis tes seins
j’ai bâti ma maison

Entre la mer
et puis les States
j’ai bâti ma maison

Des fois en plein soleil
même si des fois la grêle

Pour l’air climatisé
j’arrache ton linge
Pis si y fait frette
j’fais la même chose
pis ça réchauffe

Des murs d’écharpe
plafond de ciel
j’ai bâti ma maison

Entre des cèdres
et des bouleaux
j’ai bâti ma maison

Parfois en plein soleil
même si des fois la grêle
frappe trop sur la tôle
et réveille le p’tit
qui s’bâtira lui aussi
à Sormany

Musique : Cédric Vieno, Gregory Fitzgerald

(Instrumentale…ou presque)

Paroles et musique : Cédric Vieno

vends-moi des grosses grimaces
vends-moi des mots d’amours
vends-moi des na na na

vends-moi comment parler
vends-moi comment marcher
vends-moi comment m’tenir

vends-moi des petits jouets
vends-moi la vérité
vends-moi tout c’qu’est pas vrai
vends-moi l’éducation
vends-moi mon opinion
vends-moi des émotions

vends-moi c’est quoi ma race
vends-moi quoi m’mettre su’l dos
vends-moi que j’suis pas assez beau

vends-moi comment m’toucher
vends-moi si c’est correct

vends-moi j’dois j’frencher qui

vends-moi tout tes secrets
vends-moi la performance
vends-moi des petit bijoux
vends-moi comment séduire
vends-moi si ça fait mal
vends-moi où mettre la langue

vends-moi des convictions
vends-moi des assurances
vends-moi des certitudes
vends-moi comment ça coûte
vends-moi où est le cash
vends-moi la chasse du risque

vends-moi c’est qui l’coupable,
vends-moi c’est quoi qu’ ya faite,
vends-moi c’est quoi sa race
vends-moi quoi consommer
vends-moi si c’est assez
vends-moi quand arrêter

vends-moi ta politique
vends-moi ta religion
vends-moi tes algorithmes

vends-moi tes grandes forêts
vends-moi tes minerais
vends-moi sans taxes sans frais

vends-moi c’est quoi l’bonheur
vends-moi l’absolution
vends-moi des dépresseurs

vends-moi des hôpitaux
vends-moi des maladies
vends-moi comment crever

Non, j’ai rien compris
j’ai pas sauvé une cenne
Étranglé, asphyxier
sous vos propositions d’affaires

Bridge

Non, j’ai rien compris
j’pas sauvé une cenne
Étranglé, asphyxier
sous vos propositions d’affaires

Musique : Cédric Vieno, Francis G. Veillette, Gregory Fitzgerald, Pascal Lejeune

***Avec plein de tendresse, un grand merci à Dodo et à son si juste message :)

Maquiller l'âne

Des exils qui chokent, des love songs qui s’étouffent et des images un peu fausses qu'on se crée d'nous-mêmes... Parce qu'on a beau maquiller un âne en cheval, ça n'en fait pas un étalon pour autant.

Paroles et musique : Cédric Vieno

J’ai l’goût de pitcher mes valises dans l’lac
Pas besoin d’l’automne pour avancer l’heure
Juste besoin d’une seconde avec toi
Juste besoin d’une seconde dans tes bras

J’ai l’goût de flamber mon billet d’avion
Pas besoin d’avion pour être chez moi
Juste besoin d’une minute avec toi
Juste besoin d’une minute dans tes bras

J’ai l’goût d’lancer ma job au bout d’mes bras
Pas besoin d’une job pour être riche
Juste besoin d’une heure avec toi
Juste besoin d’une heure dans tes bras

J’ai même pu l’goût d’entendre l’accent d’chez nous
J’ai pas besoin d’m’entendre pour être content
Juste besoin d’un matin avec toi
Juste besoin d’un matin dans tes bras

Et passera le train devant nos yeux
Et décollera l’avion si il le veut
J’t’en retard d’une heure
passer avec toi

J’ai même pu l’goût d’me lever quand l’jour se lève
J’ai pu besoin du jour pour voir plus claire
Juste besoin d’une nuit avec toi
Juste besoin d’une nuit dans tes bras

J’ai même pu l’goût d’partir quand viendra l’temps
Y’a pu rien qui m’attend sur l’autre continent
J’ai besoin d’une vie avec toi
J’ai besoin d’une vie dans tes bras

Et passera le train devant nos yeux
Et décollera l’avion si il le veut
J’t’en retard d’une nuit
passer avec toi

Paroles et musique : Cédric Vieno et Isîa Marie

J’étais commis et elle, cliente
Et j’crois qu’c’est là qu’c’est mal parti
Le coeur flatté dans l’sens du poil
Et puis ses hanches ont fait le reste
Je l’ai pris fort, mais pas tout l’temps
J’ai pris sa peau pour une promesse

On ne choisit pas l’escalier dans lequel on tombe

J’étais cliente et lui commis
J’savais pas qu’c’était parti
Une acrobate dans les conserves
j’aurais voulu n’jamais dire oui
J’détestais pas son côté mièvre
Moi j’prend, je jette, j’avoue, j’ai pris

On ne choisit pas l’escalier dans lequel on tombe
 
Quand je l’ai su qu’t’en voyais d’autres
Ton corps glissant comme une anguille
Serrer plus fort pour te retenir
Serrer les poings pour en finir

J’étais pas contre un peu d’piment
ni même quelques menaces en l’air
Regarde-moi dans les bleus

Regarde-moi dans les yeux
J’ai voulu t’retenir, mais la rampe a cédé

On ne choisit pas l’escalier dans lequel on tombe

Paroles et musique : Cédric Vieno

Les yeux fixés su’l dash
J’suis pas arrivé avant demain
surtout si j’continue d’rouler
dans l’mauvais sens

J’sais pas c’que j’m’en va faire
à l’ouest là-bas seul avec elle
et un amour dans l’rétroviseur
Juste envie d’manquer d’essence

Aaaarrête, Aaaarrête

Faut qu’j’arrête avant qu’la route quittera la mer
Après pu d’marée haute pour faire monter le doute
Grimper les Appalaches pour m’étourdir
Le fleuve et la vallée vont m’avaler

Avant qu’j’vide la tank de gaz
Avant que mes excuses s’épuisent
Arrête

La tête dans une valise
j’roule su’l vieux chemin où l’on voit rien
juste une grande tour en manque d’amour
qui veille sur rien

Avant que j’fasse le coin
que j’perde de vue tout c’que j’connais
Tout c’qui m’fait bien ne le fera plus
j’appuie su’l frein

Aaaarrête, Aaaarrête

Faut qu’j’arrête avant qu’la route quittera la mer
Après pu d’marée haute pour faire monter le doute
Grimper les Appalaches pour m’étourdir
Le fleuve et la vallée vont m’avaler

Mon coeur est clair quand je l’écoute
J’ai viré d’bord dans un casse-croûte

Paroles : Jonathan Roy
Musique : Cédric Vieno, Pascal Lejeune

On s’est taillé ma Rose
une pipe en bois d’santal
sur la banquette d’la Royce
volé au carnaval

Toi qui trip su’ les épines
qui t’maquille au tattoo
t’embrasses comme la morphine
c’est tu ça du vaudou?

Es-tu là pour m’amener à trail du paradis?

L’amour m’aimera pas,
mais c’pas moi qui l’as dit
une fleur c’t’aussi beau tricotée dans l’tapis

L’amour m’aimera pas,
mais j’me sens beau parleur
qu’est-ce t’en penses qu’on s’marie
pour le prochain quart d’heure

Et nos encres se mêlent
et nos bouches se nouent
d’amitié pour les mèches
qui se noie dans nos cous

Si dehors c’est pas rose
si tu trouves l’été frette
dis-toi que Satan s’repose
juste quand sa job est faite

Si je chique mon chiendent
sans attendre le caviar
dis-toi que Dieu a pas l’temps
de vois si on roule sur l’or

Et nos ailes éventail
patché avec des becs
C’est peut-être juste un détail,
mais y vole plus loin qu’un chèque

Pendant c’temps là, on tape la trail du paradis

L’amour m’aimera pas,
mais c’pas moi qui l’as dit
une fleur c’t’aussi beau tricotée dans l’tapis

L’amour m’aimera pas,
mais j’me sens beau parleur
qu’est-ce t’en penses qu’on s’marie
pour le prochain quart d’heure

De quart d’heure en quart d’heure
ça va faire 25 ans
quand s’endure pis qu’on flirt
qu’on s’réchauffe par en d’dans

sûrement qu’un jour ils feront faire une vue sur notre vie
une sainte vierge en stockings pis un poète maudit
c’pas moi qui l’a dit

deux beaux clowns noir et blanc
pas même un film parlant
ils nous couleront dans le bronze,
mais on s’fera pas d’argent

C’est pas grave, on connait la trail du paradis
 
L’amour m’aimera pas,
mais c’pas moi qui l’as dit
ma rose, le bonheur il fleurit jusqu’ici
L’amour m’aimera pas,
mais j’me sens beau parleur
qu’est-ce t’en penses qu’on s’marie
pour encore quart d’heure

Musique : Pascal Lejeune

(instrumental)

Paroles et musique : Daniel Lanois

Marie-Claire, j'ai marché toute la soirée 
Ton portrait toujours près de mon coeur 
Je veux te dire que je t'ai rêvé tout l'été 
Marie-Claire, s'il te plait, n'est pas peur. 

I brought you some colours to paint with
On the nights when it's cold outside
And I'll shoot that blue-eyed son of a bitch
'Cause it's me who'll have you for his bride

Marie-Claire, it's no good la vie d'une danseuse
Tous les yeux, they're on you, I can't stand
Don't you know that you are my amoureuse.​
Marie Claire, let them all be damned.

My hands have bled to the bone
I brought you a drawing to see
Of the cabin made of sticks and stones,
And there you will learn to love me.

Marie Claire, j'ai salé beaucoup d' poissons
Et les bois du Nord maintenant sont tranquilles
Je te promet de ne pas boire la boisson
Oublie le Montreal, la vieille ville.

As I lay you there on the backseat,
All in white there, dans mon char
Take your time Marie Claire and sleep,
As I bring you up to Labrador.

Paroles et musique : Cédric Vieno

À gauche et à droite
dans la soie pis la ouate
à toi-même ou ta gang
dans un trou, une montagne

En pleine face ou dans l’dos
à la pointe du couteau
de ta naissance à ta mort
en plein jour ou très tard

Certain soir, tu mens si fort
tu maquilles l’âne
tu l’déguises en cheval
ça n’en fait pas un étalon

Tout ça pour rien
pour danser dans ta misère
pour valser dans ton calvaire
tout ça pour rien

Maquiller l’âne, maquiller l’âne, maquiller l’âne

Certain soir, tu mens si fort
tu maquilles l’âne
tu l’déguises en cheval
ça n’en fait pas un étalon

Toi
Paroles et musique : Cédric Vieno

Sur ta bouche faite en téflon
j’y pose mes lèvres, mais ça colle pas
j’écoute Gainsbourg pis ça m’surprend
y’a un album qui a faite sur toi
Y’a même Kerouac qui jase de toi
Ça colle pas, mais ça fait rien

J’attends un train qui passera pas
dans ma cour et dans mon coeur
en fait, il est déjà passé une fois
sur mon corps et dans mes draps
T’es belle quand tu penses que tu l’es pas
J’en french une autre, mais j’parle de toi
Ça fait rien, ça va passer

Y m’reste d’la chaleur sur les doigts
et trois cordes sur la Gibson
Ça te fera sourire, je crois
y’a même Dylan qui parle de toi
Girl of the North c’t’écris pour toi
J’’en french une autre, mais j’parle de toi
T’es belle quand tu penses que tu l’es pas
J’ai déjà vu l’film, ça va passer

Paroles et musique : Cédric Vieno

Des éclats de verre dans vaisselle
Bout des doigts en chou-fleur
j’y plonge la main même si ça m’coupe les doigts

À la pêche au couteau dans l’savon
ta bouche comme du téflon
j’y pose mes lèvres même si colle même pas

Mon voilier qui chavire dans l’lavabo
et moi je gonfle quand tu m’souffles
que tu veux t’écraser sur mes rochers

J’avale de l’eau, j’avale de l’eau

À la fenêtre on peut voir
une tempête de toi

J’échoue dans un bar
comme un requin-marteau
dans mes poches j’shake mon change
pis j’ramasse un gros lot

À la chasse au sirène su’l sofa
ton cell qui répond pas
la face pris dans les pattes d’un crustacé

Des éclats d’hier dans le lit
des draps faite en filet
j’y couche mon corps même si j’vais rester pris

J’avale de l’eau, j’avale de l’eau

À la fenêtre on peut voir
une tempête de toi

J’échoue dans un bar
comme un requin-marteau
dans mes poches j’shake mon change
pis j’ramasse un gros lot
pis j’ramasse les morceaux

NorthShore Love Stories

NorthShore Love Stories, c'est d'abord le témoignage intimiste d'un artiste habile et habité qui nous raconte des histoires, de leurs beautés à leurs travers, dans le décor rocailleux du NorthShore des Martimes.

Paroles et musique : Cédric Vieno

Assis aux tables ils parlent tous sans s’écouter
Et tous en choeur ils s’essoufflent à se faire entendre
Ils portent l’amour de leurs présences
comme un piano sur leurs épaules

À l’étage les marginaux et les marionnettes
brûlent des trous dans leurs chandails et dans leurs dieux
Ils scandent fort leurs idéaux
comme un piano sur leurs épaules

À l’arrière, les cuisiniers font leur ménage
Satisfaits de nourrir la moitié du village
On prévoit la soirée tranquille
Les hommes ne se battent que le ventre vide

Dans le journal, c’est la famine c’est même banal
Rien qu’à changer depuis l’invention du papier
On prévoit une année sanglante

Les hommes se battent le ventre vide

Derrière le comptoir, belle Éloïse
She keeps on shilling peu importe c’qui disent
She’s the only thing that keeps this piano place upright
So flip these chairs we’ll take the morning flight
We’ll take the morning flight
We’ll take the morning flight

Remplir le vide mais mon verre surtout
c’est pas c’qu’elle dit,
c’est c’qu’elle dit pas qui parle plus fort
c’est qu’elle enfile son tablier
comme un piano sur ses épaules

Je parle trop vite et je m’étouffe pour la convaincre
c’est pas c’que j’dis c’est c’que j’rêve qu’est important
Pis j’mange du rêve ça fait longtemps
Les hommes se battent le vendre vide

Paroles : Cédric Vieno et une collaboration de André Dédé Vander
Musique : Cédric Vieno

Dans ses bras je veux dormir pour quelques temps
Pour une fois, m’laisser aller comme un enfant
Oublier mon coeur voilé derrière sa peine
Petite cuillère de sucre dans mes veines

Aurais-je encore trop bu ou c’est l’enfer qu’est pas trop loin?
La faim, la mort, et les dents trop cariées pour mordre
Aurais-je encore trop bu?
Je vois tout l’monde qui cherche de l’ombre,
on manque de place
et dans nos coeurs et sous les arbres

Dans ses bras je veux dormir pour quelques temps
Pour une fois, m’laisser aller comme un enfant
Oublier mon coeur voilé derrière sa peine
Petite cuillère de sucre dans mes veines

Aurais-je encore trop bu ou c’est la terre qui se balance?
Comme sur l’eau, sur un bateau, au bout d’une corde
Aurais-je encore trop bu
ou aurais-je compris qu’elle ne m’aime plus
que son amour n’est plus fidèle qu’à nos mensonges

Dans ses bras je veux dormir pour quelques temps
Pour une fois, m’laisser aller comme un enfant
Oublier mon coeur voilé derrière sa peine
Petite cuillère de sucre dans mes veines

Paroles : Cédric Vieno et Marie-Philippe Bergeron
Musique : Cédric Vieno

La nuit s’envia et j’ai encore trop sommeil
Pareil comme la veille, la veille, la veille
J’irais bien faire un tour à Val-d’Amour
J’irais bien faire un tour à Val-d’Amour

Dix bouteilles qui veillent à l’entrée du salon
J’en aurais assez pour me faire un jeu d’quilles
Ça fait longtemps que j’ai pas faite un abat
Ça fait longtemps que j’ai pas faite un abat

La boule de laine à mon chat traîne encore su’l sofa
J’en aurais assez pour lui faire un tricot
V’la l’hiver qui s’amène sur un traîneau
V’la l’hiver qui s’amène sur un traîneau

Arrivé en ville pour m’acheter du tabac
J’ai vu qu’a caissière s’était faite un nouveau chum
J’ai mis toutes mes espoirs à la dump
J’ai mis toutes mes espoirs à la dump

Dans ma tête un musicien
Il chante des chansons d’avant
Avant qu’tu partes loin que tu prennes le train pour la Prairie
Pour une question d’argent
pour quelques mois seulement mais à quel prix?
Car ton retour… avec lui

Si l’soleil peut se l’ver entre mes deux oreilles
Je réchaufferai mon coeur dans ma poche de manteau
Je ne décrocherai la lune qu’à celle qui en veut
Je ne décrocherai la lune qu’à celle qui en veut

Paroles : Cédric Vieno et une collaboration de André Dédé Vander
Musique : Cédric Vieno

On n’a jamais parlé d’la mort de son vivant
La mort et lui se connaissaient bien pourtant
On n’a jamais parlé d’la guerre
Je sais qu’il y pensait souvent

Quelques rides sur son visage
et des secrets de régiments
De la tendresse et des tourments
et des mots qui résonnent longtemps

Comme ses pas portés par le vent
Les pas du NorthShore Régiment
J’entend ses pas portés par le vent
Les pas du NorthShore Régiment

Au revers de ses médailles
Les raisons de ses silences
Prisonniers d’un coeur de soldat
et de quelques cadavres à son nom

Immobile depuis des jours pourtant
Paraît que son dernier mouvement
Le bout des lèvres par en avant
Et les « je t’aime » à grand-maman

Paroles : Cédric Vieno et Marie-Philippe Bergeron
Musique : Cédric Vieno

Son histoire se mesure en kilomètres

En « au revoir » du bout des lèvres
Les raccourcis qu’il a cru prendre
Au fond n’étaient qu’un grand détour

À la maison la chaise vide
À la maison plus rien ne bouge
On a cassé le sablier
À la maison pas de nouvelles

Voler
Disparaître aux voiles blancs
Traverser les statues
Fuir l’ombre d’un fantôme
Tomber à genoux sur un banc d’église
Traverser le mirage
Le désert sous ma peau

Son histoire s’écoule à son propre rythme
Le sourire au bout des larmes
À la maison le chien s’ennuie
Et les journaux ne font que s’empiler

Nager la Méditerranée
Traverser ton continent sur le vent du silence d’or
Dormir aux portes d’Alexandria
Traverser mur à mur sans laisse autour du cou
Courir d’Athènes à Marathon
Traverser les oliviers
Traverser le pont d’l’Alma
À pied
Toute la muraille de Chine
Traverser ton pays et revenir chez nous…

Paroles et musique : Cédric Vieno

En vélo sur la Principale si légère dans ta robe gitane
La plus belle boulangère au nord de la Virginir
J’étais fier mais je n’ai rien dit

Tu m’as fait rire et j’ai rien d’un troubadour
J’t’ai fait pleurer plus souvent qu’à mon tour
T’es rentrée dans mon monde et je n’ai qu’effleuré le tien
T’était belle mais je n’ai rien dit

Tu connais toutes les capitales d’la Terre
Toujours envie de t’envoyer dans les airs
J’ai jamais réussi à faire de mon chez-moi, chez toi
J’étais triste mais t’as rien compris

Aux yeux des autres tu jouais l’rôle du soleil
On a vite fait d’étouffer l’étincelle
Du creux de notre lit est né tout un orage
T’as trop parlé moi je n’ai rien dit

T’as fait des boîtes et quelques téléphones
Remplit ton sac, vidé ton garde-robe
Ça m’a pris cinq nuits mais j’en veux pu à personne
Je t’aimais mais je n’ai rien dit

Si j’suis froid au cours des prochains mois
Si j’t’évite quand on s’croisera
J’ai bâti un mur tout autour de moi
Qui j’l’espère ne s’écroulera pas
Je t’aimais mais je n’ai rien dit

Paroles : Cédric Vieno et une collaboration de André Dédé Vander
Musique : Cédric Vieno

Avant la pluie
Hurler aux loups
Pendant la pluie
Faut danser fou
Après la pluie
Tourner la page
Faut faire l’amour
et le ménage

Dans ce qui reste de la maison
qui ne tient plus à grand chose
Avant que tout explose
Faut faire le tour du monde sur un piano
Un piano qui va dans l’eau

Avant l’hiver
Jesus’s born to loose
Pendant l’hiver
On panse nos blues
Après l’hiver
Tourner la page
Pour réveiller
Nos coeurs trop sages

Dans ce qui reste de la maison
qui ne tient plus à grand chose
Avant que tout explose
Faut faire le tour du monde sur un banjo
Un banjo qui va dans l’eau

Avant la guerre
Choisir ses larmes
Pendant la guerre
On fait c’qu’on peut
Après la guerre
On cherche l’amour
Parmi le feu
qui brûle toujours

Dans ce qui reste de la maison
qui ne tient plus à grand chose
Avant que tout explose
Faut faire le tour du monde sur un vélo
Un vélo qui va dans l’eau
Faut faire le tour du monde sur un banjo
Un banjo qui va dans l’eau

Paroles : Cédric Vieno et une collaboration de André Dédé Vander
Musique : Cédric Vieno

Rien à dire, rien
Aussi coupable que le Vésuve
Je n’ai laissé qu’une seule leçon
Faut pas construire au pied d’un volcan

J’me dit qu’le vent se lèvera
Et puis les cendres s’envoleront
Après la peine s’effacera
Alors les larmes s’assècheront

Encore au bord de l’éruption
à dessiner ta forme dans la lave
À faire bouillir ton corps de pierre
À faire couler tes yeux rougis

Y’a la fumée, y’a le grand trou
Il y a ma fuite et nos blessures
Peut-être la suite, mais là, c’est sûr
Le jour se lève sur nos brûlures

J’me dit qu’le vent se lèvera
Et puis les cendres s’envoleront
Après la peine s’effacera
Alors les larmes s’assècheront

Paroles et musique : Cédric Vieno

Debout sur son pied de ciment
Y’ont r’peinturé Marie-Madeleine
Y’a jusqu’au vent qui retient son souffle
J’y crois pas plus qu’avant

J’ai posé ma veste sur le lit
Question d’attirer la visite
Y’a jusqu’au jour qui m’abandonne
et jusqu’au feu qui ne danse plus

J’ai pas pensé à toi
J’ai même pas passé un coup d’fil
J’ai même pas pris la peine
de cacher mon coeur de porcelaine
Je porte la même arme, le même drame
de l’homme de fer à l’homme de porcelaine

Y’a une drôle d’impression qui passe
Comme un fantôme dans un berceau
Comme le bruit d’une assiette qui s’casse
Ç’serais-tu que j’me monte un bateau

Quand la nuit tombe arrive la brume
Elle ouvre lentement son costume
Y’a jusqu’à mer qui demande à boire
et elle m’accompagnera ce soir

Paroles : Cédric Vieno et une collaboration de André Dédé Vander
Musique : Cédric Vieno

Sur la Place Saint-Raphaël
Un couple manque à l’appel
Leurs vélo sont restés là

Il neige comme il a rarement neigé
dans les rues de mon quartier
Sortie déconseillée

Dans une sombre maison, elle et lui sont assis
À écouter le chant de l’ennui
Elle, elle voudrait allumer des chandelles
et la lumière au de leurs yeux

Au travers de la grande fenêtre,
L’immense cathédrale
où ils se sont mariés

Elle y pense toujours
aux mots de velours
des premières années

Lui ne parle presque plus
Il est souvent d’accord
Pour ne pas déranger

Dans une sombre maison, elle et lui sont assis
À écouter le chant de l’ennui
Elle, elle voudrait allumer des chandelles
Des chandelles Places Saint-Raphaël

Sur la Place Saint-Raphaël
Toute la neige a fondu
Un vélo a disparu